Le monument aux morts de Romans-sur-Isère

Article paru lors de la présentation des activités autour de l’armistice de 1918 à Romans

Un nouveau Monument Historique ?

Les commémorations de la Grande Guerre sont aussi l’occasion de s’intéresser au patrimoine issu de cette époque. Partout dans nos communes, les monuments aux morts symbolisent les terribles pertes humaines que le pays a connues. Le Ministère de la Culture a établi une liste des monuments les plus emblématiques et propose de les protéger au titre des Monuments Historiques. Parmi les œuvres sélectionnées, figure celui de Romans.

Une sculpture monumentale pour se souvenir
Dès la fin de la guerre, les discussions sont vives à Romans au sujet de l’érection d’un monument aux morts. En 1920, il est d’abord décidé d’installer une plaque commémorative dans l’Hôtel de Ville. Puis, treize ans plus tard, l’édification d’une sculpture monumentale est décidée. Le travail est confié à Gaston Dintrat, artiste d’origine Valentinoise, déjà connu à l’époque pour les nombreux monuments commémoratifs qu’il a livrés dans la Drôme et dans les départements voisins. G. Dintrat, né en 1889, passé par les ateliers de Gaston Toussaint et d’Auguste Rodin, enseigne alors à l’école supérieure des Beaux-Arts de Lyon. Il choisit pour Romans une œuvre monumentale, aux lignes sobres, qui sera installée sur le Champs-de-mars, où se déroulent alors toutes les manœuvres militaires. Les conflits du XXe siècle laissent leur trace sur le monument par le biais de plaques en marbre ajoutées au fil du temps.

Du recensement à l’inscription Monument Historique
En décembre 2018, son inscription au titre des Monuments Historiques sera proposée en Commission régionale du patrimoine et de l’architecture. Composée d’élus, de représentants de l’Etat, d’associations et de fondations patrimoniales, cette instance s’appuiera sur un dossier composé par les services de la Direction Régionale des Affaires Culturelles. En cas d’avis favorable, le monument bénéficiera donc de ce statut juridique particulier. Celui-ci reconnaîtra l’intérêt historique et artistique du monument, et en assurera une protection accrue (interdiction de le détruire, aides financières en cas de restauration). Mais un Monument Historique s’inscrit également dans un environnement. Edifice et abords forment un tout, avec des influences réciproques. On trouve ainsi à Romans, autour du monument aux morts, de beaux cèdres centenaires qui contribuent à la qualité paysagère du site. Un périmètre de protection de l’édifice devra donc également être défini, afin de garantir la pérennité de cet ensemble.

Le monument se situe sur le Champs-de-mars, actuellement en cours de réhabilitation. Il sera à nouveau visible au début de l’année 2019, dans un nouvel environnement et avec un éclairage spécifique qui le mettront en valeur.